Édition du jeudi 24 juillet 2008
Photos V. DAMOURETTE
Sète
Manifestation spectaculaire des pompiers
La
façade et le hall de la mairie aspergés de mousse anti-incendie. Une
manifestation spectaculaire, hier matin, de la colère des sapeurs
pompiers de Sète, en grève pour une durée illimitée. Ils réclament la
construction d'une nouvelle caserne à l'emplacement de l'actuelle, ou
ailleurs sur la presqu'île.
Mais ils refusent le site proposé par la municipalité, à Cayenne. « Ce lieu est soumis aux embruns de Sud Fertilisants, à 500 mètres du premier accès bateau et à l'extérieur des ponts », explique un porte-parole du collectif des sapeurs pompiers (CSP) de Sète . « Or, plus de 80 % de nos interventions se font intra-muros. »Il
assure que les pompiers continueront leur mission de secours, tout le
temps que durera leur mouvement de protestation. Construite
dans les années 1960, la
caserne de Sète est, semble-t-il, trop exiguë et vétuste pour la
centaine de pompiers (professionnels et volontaires) qui y travaillent.
Cela
fait plus de deux ans que la Ville, propriétaire du site, et les
responsables des soldats du feu discutent de la réhabilitation de la
caserne. Ulcérés de n'être pas conviés à une réunion de travail, prévue
hier matin à la mairie, rassemblant notamment le nouveau commandant de
la caserne Didier Rugiero, le colonel Charles Cassar, responsable des
pompiers de l'Hérault et le maire, François Commeinhes, une soixantaine
de pompiers ont marché vers l'hôtel de ville. Dans le bâtiment, ils ont
enfumé le hall avec des fumigènes avant d'investir bruyamment le 1er
étage. Trois membres du CSP ont obtenu de s'asseoir à la table des
discussions.
François Commeinhes a fustigé leur « façon de venir de type hooligan ». Il a rappelé qu'une réunion était prévue le 19 août au sujet de la nouvelle caserne. « D'ici là, j'aimerais que vous vous mettiez d'accord sur un cahier des charges », a-t-il dit. « On a déjà signé assez de papiers, vous connaissez nos besoins », ont rétorqué les membres du collectif avant de quitter la salle.
Déterminés,
ils ont appelé leurs collègues à déclencher "le plan B" : quelques
minutes plus tard, la façade de la mairie était blanchie de mousse. La
municipalité a annoncé qu'elle donnera « les suites judiciaires qui s'imposent »
. Les pompiers, eux, ont décidé d'occuper la place Léon-Blum jusqu'à nouvel ordre.
Guilhem MARTIN-SAINT-LEON
